Mathématiques · QRC

Statistiques et ajustement affine

Apprenez à décrire une population, calculer des effectifs, des fréquences, des taux d’évolution et des moyennes pondérées. Étudiez ensuite les séries à deux variables, les nuages de points et leur ajustement par une droite.

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Décrire et interpréter des données

La statistique transforme des données en informations utiles

Une série de données brute est rarement directement exploitable. Les outils statistiques permettent de la résumer, de la comparer, de mettre en évidence une évolution et d’étudier une éventuelle relation entre deux grandeurs.

Organiser

Classer les valeurs, déterminer les effectifs et calculer les fréquences.

Résumer

Utiliser une moyenne simple ou pondérée pour caractériser le niveau général.

Modéliser

Représenter deux variables et rechercher une tendance à l’aide d’une droite.

Un indicateur ne raconte jamais toute l’histoire

Deux séries peuvent avoir la même moyenne tout en étant très différentes. Une interprétation sérieuse tient compte du contexte, de la répartition des valeurs, des unités et des limites des données disponibles.

Notions fondamentales

Population, individu, caractère et modalité

Avant tout calcul, il faut déterminer précisément ce qui est observé, sur qui porte l’étude et quelle information est recueillie.

NotionDéfinitionExemple
PopulationEnsemble des individus étudiés.Les 200 agents d’un service.
IndividuÉlément de la population observée.Un agent du service.
CaractèrePropriété étudiée sur chaque individu.Le temps de trajet domicile-travail.
ModalitéValeur ou catégorie prise par le caractère.30 minutes.
ÉchantillonSous-ensemble de la population effectivement observé.50 agents interrogés sur 200.

Caractère qualitatif

Il décrit une catégorie : moyen de transport, statut ou commune de résidence.

Quantitatif discret

Il prend des valeurs isolées, souvent entières : nombre d’enfants ou de dossiers.

Quantitatif continu

Il peut prendre toute valeur dans un intervalle : durée, taille ou masse.

Identifier l’unité statistique

L’individu statistique n’est pas nécessairement une personne. Il peut s’agir d’une entreprise, d’un ménage, d’une commune, d’une opération ou d’une période.

Répartir les observations

Effectifs, fréquences et fréquences cumulées

L’effectif compte le nombre d’observations correspondant à une modalité. La fréquence mesure la part de cette modalité dans l’effectif total.

Effectif total

N = n₁ + n₂ + … + nₖ

On additionne les effectifs de toutes les modalités.

Fréquence

fᵢ = nᵢ / N

La somme des fréquences est égale à 1, soit 100 %.

Pourcentage

pᵢ = fᵢ × 100

Une fréquence de 0,28 correspond à 28 %.

Exemple — Répartition de 40 candidats
Nombre d’heures de révisionEffectifFréquencePourcentage
266/40 = 0,1515 %
41414/40 = 0,3535 %
61212/40 = 0,3030 %
888/40 = 0,2020 %

Contrôle : 15 % + 35 % + 30 % + 20 % = 100 %.

Effectifs cumulés

Pour déterminer le nombre d’individus dont la valeur est inférieure ou égale à un seuil, on additionne successivement les effectifs depuis la plus petite valeur jusqu’au seuil retenu.

Mesurer le niveau moyen

Moyenne simple, moyenne pondérée et linéarité

La moyenne résume une série par une valeur centrale. Lorsque certaines valeurs apparaissent plusieurs fois ou n’ont pas le même poids, il faut calculer une moyenne pondérée.

Moyenne simple

x̄ = (x₁ + … + xₙ) / n

Chaque valeur possède le même poids.

Moyenne pondérée

x̄ = Σ(nᵢxᵢ) / Σnᵢ

Chaque valeur est multipliée par son effectif ou son coefficient.

Avec les fréquences

x̄ = Σ(fᵢxᵢ)

Cette formule s’applique lorsque la somme des fréquences vaut 1.

Exemple — Calcul d’une moyenne pondérée

Reprenons les temps de révision 2, 4, 6 et 8 heures, observés respectivement 6, 14, 12 et 8 fois.

x̄ = (2 × 6 + 4 × 14 + 6 × 12 + 8 × 8) / 40
= (12 + 56 + 72 + 64) / 40
= 204 / 40
= 5,1

Le temps moyen de révision est de 5,1 heures.

Ajouter une constante

Si l’on ajoute le même nombre b à toutes les valeurs, la moyenne augmente également de b.

Multiplier par une constante

Si toutes les valeurs sont multipliées par a, leur moyenne est elle aussi multipliée par a.

Linéarité de la moyenne

Si une nouvelle variable est définie par y = ax + b, alors sa moyenne vérifie ȳ = ax̄ + b.

Comparer dans le temps

Calculer et interpréter un taux d’évolution

Le taux d’évolution mesure la variation relative entre une valeur initiale et une valeur finale. Il ne doit pas être confondu avec la variation absolue.

Variation absolue

Vf − Vi

Elle s’exprime dans la même unité que les valeurs étudiées.

Taux d’évolution

t = (Vf − Vi) / Vi

Pour obtenir un pourcentage, on multiplie le résultat par 100.

Coefficient multiplicateur

CM = 1 + t = Vf / Vi

Le taux doit être écrit sous forme décimale dans cette formule.

Exemple — Calculer une hausse

Une valeur passe de 240 à 276.

t = (276 − 240) / 240
= 36 / 240
= 0,15 = 15 %

La valeur a augmenté de 15 %.

Exemple — Retrouver la valeur initiale

Après une hausse de 8 %, une valeur atteint 540.

CM = 1,08
Vi × 1,08 = 540
Vi = 540 / 1,08
Vi = 500

La valeur initiale était égale à 500.

Deux évolutions successives ne s’additionnent pas

Une hausse de 10 % suivie d’une baisse de 10 % donne 1,10 × 0,90 = 0,99. La valeur finale est donc inférieure de 1 % à la valeur initiale.

Observer une relation

Les séries statistiques à deux variables

Une série à deux variables associe à chaque individu deux valeurs numériques. On cherche à déterminer si l’évolution de l’une semble liée à celle de l’autre.

Variable x

Elle peut représenter le temps, une quantité, un investissement ou une autre grandeur explicative.

Variable y

Elle représente la grandeur étudiée en fonction de x : coût, résultat, production ou population.

Couple (xᵢ ; yᵢ)

Chaque observation devient un point dont l’abscisse est xᵢ et l’ordonnée yᵢ.

Année x01234
Nombre de dossiers y120132147158174
Point moyen

Le point moyen G possède pour coordonnées (x̄ ; ȳ). Il résume la position centrale du nuage et appartient à la droite d’ajustement obtenue par la méthode des moindres carrés.

Représentation graphique

Construire et interpréter un nuage de points

Le nuage de points permet d’observer visuellement la forme de la relation entre deux variables et de juger si un ajustement affine semble pertinent.

Tendance croissante

Le nuage monte globalement : lorsque x augmente, y tend aussi à augmenter.

Tendance décroissante

Le nuage descend globalement : lorsque x augmente, y tend à diminuer.

Forme allongée

Des points proches d’une droite rendent un ajustement affine plausible.

Nuage dispersé

Une forte dispersion limite la qualité et la portée des prévisions.

Une association statistique ne prouve pas une causalité

Deux variables peuvent évoluer ensemble sans que l’une soit la cause de l’autre. Une troisième variable ou une simple coïncidence peut expliquer la relation observée.

Modéliser la tendance

L’ajustement affine par une droite

Lorsque les points sont approximativement alignés, on peut résumer leur tendance par une droite d’équation y = ax + b.

Équation

y = ax + b

a est le coefficient directeur et b l’ordonnée à l’origine.

Coefficient directeur

a = (y₂ − y₁) / (x₂ − x₁)

Cette formule utilise deux points distincts de la droite.

Ordonnée à l’origine

b = y₁ − ax₁

Après avoir trouvé a, on utilise les coordonnées d’un point.

Exemple — Déterminer l’équation d’une droite

Une droite d’ajustement passe par A(1 ; 132) et B(4 ; 174).

a = (174 − 132) / (4 − 1)
= 42 / 3
= 14

b = 132 − 14 × 1
= 118

y = 14x + 118

Selon ce modèle, la grandeur y augmente en moyenne de 14 unités lorsque x augmente d’une unité.

Interpréter le coefficient directeur

Le coefficient a représente la variation estimée de y lorsque x augmente d’une unité. Son interprétation doit toujours mentionner les unités et le contexte de l’exercice.

Exploiter le modèle

Interpolation, extrapolation et limites des prévisions

Une droite d’ajustement permet d’estimer une valeur de y à partir de x, ou parfois de rechercher la valeur de x correspondant à un objectif donné.

Estimer une valeur future

Avec le modèle y = 14x + 118, estimons y pour x = 6.

y = 14 × 6 + 118
= 84 + 118
= 202

Le modèle prévoit environ 202 unités au rang 6.

Rechercher l’atteinte d’un seuil

À quel rang le modèle atteint-il 230 unités ?

14x + 118 = 230
14x = 112
x = 8

Selon le modèle, le seuil de 230 unités est atteint au rang 8.

Interpolation

L’estimation porte sur une valeur située à l’intérieur de l’intervalle des données observées. Elle reste une approximation.

Extrapolation

L’estimation dépasse l’intervalle observé. Plus on s’en éloigne, plus la prévision devient fragile.

Une droite d’ajustement n’est pas une boule de cristal

Elle prolonge une tendance observée sous l’hypothèse que cette tendance se poursuit. Une rupture économique, réglementaire, technique ou sociale peut rendre la prévision inexacte.

Traiter une QRC de statistiques

Une réponse efficace identifie les données, choisit l’indicateur approprié, présente le calcul et interprète le résultat dans le contexte.

1IdentifierRepérer population, variables, unités et période étudiée.
2ChoisirSélectionner fréquence, moyenne, taux ou modèle affine.
3CalculerÉcrire la formule, remplacer les données et conserver la précision.
4InterpréterDonner le sens concret du résultat et signaler ses limites.

Le calcul seul ne suffit pas

Écrire « 0,18 » ne répond pas complètement à une question sur une évolution. Il faut préciser, par exemple : « la valeur a augmenté de 18 % entre les deux périodes étudiées ».

Révision express

Les quatre réflexes à conserver

1

Dénominateur

Une fréquence et un taux d’évolution n’utilisent pas nécessairement le même dénominateur.

2

Pondération

Une moyenne doit tenir compte des effectifs ou coefficients associés aux valeurs.

3

Graphique

Chaque couple (xᵢ ; yᵢ) devient un point du nuage.

4

Prévision

Un ajustement donne une estimation, jamais une certitude absolue.

Le fil directeur

Identifier la population → organiser les données → calculer effectifs et fréquences → déterminer une moyenne ou un taux → représenter les couples → observer la tendance → établir une droite → estimer → interpréter avec prudence.

Questions fréquentes

Consolider les notions essentielles

Quelle différence entre effectif et fréquence ?

L’effectif est un nombre d’individus. La fréquence est la proportion représentée par cet effectif dans la population totale.

Quand utiliser une moyenne pondérée ?

Lorsque les valeurs n’apparaissent pas le même nombre de fois ou sont associées à des coefficients différents.

Quelle différence entre variation absolue et taux d’évolution ?

La variation absolue est Vf − Vi. Le taux rapporte cette variation à la valeur initiale : (Vf − Vi)/Vi.

À quoi sert un nuage de points ?

Il permet de visualiser une éventuelle relation entre deux variables numériques et de juger si un ajustement affine paraît pertinent.

Que représente le coefficient directeur d’une droite d’ajustement ?

Il mesure la variation estimée de y lorsque x augmente d’une unité.

Une corrélation prouve-t-elle un lien de cause à effet ?

Non. Une relation statistique peut être due à une autre variable, au hasard ou à un mécanisme indirect.

Quelle différence entre interpolation et extrapolation ?

L’interpolation estime à l’intérieur des données observées ; l’extrapolation prolonge le modèle au-delà et est généralement plus incertaine.

Faut-il arrondir les résultats ?

Oui lorsque cela est demandé ou pertinent, mais uniquement à la fin du calcul afin de limiter les erreurs d’arrondi.

Poursuivez avec les probabilités

Après avoir appris à décrire des données observées, étudiez les expériences aléatoires, le dénombrement, les probabilités conditionnelles et les principales lois discrètes.

Étudier les probabilités