Syntaxe et maîtrise de la langue
Apprenez à reconnaître une phrase correctement construite, à utiliser les bonnes prépositions, à respecter la concordance des temps et à éviter les principales fautes de syntaxe.
Construire et reconnaître une phrase correcte
La syntaxe correspond aux règles qui organisent les mots et les groupes de mots dans une phrase. Une phrase peut ainsi être correctement orthographiée tout en restant incorrecte sur le plan syntaxique.
Pour un QCM, l’objectif est surtout de savoir repérer rapidement une construction fautive, un mauvais emploi de préposition, une rupture de construction ou une formulation ambiguë.
La construction de la phrase
Une phrase verbale s’organise généralement autour d’un verbe conjugué et de son sujet. Elle peut ensuite comporter différents compléments.
Sujet + verbe + complément éventuel.
Le candidat révise son cours.
Chaque verbe doit avoir une construction cohérente
Certains verbes se construisent directement avec un complément, d’autres exigent une préposition.
Il attend le résultat.
Il participe au concours.
Elle parle de son projet.
On ne peut pas supprimer ou ajouter une préposition simplement parce que la phrase « sonne bien ». La construction dépend du verbe.
Une construction doit rester parallèle
Lorsque plusieurs éléments dépendent du même mot, ils doivent généralement présenter une construction cohérente.
Il aime lire, écrire et voyager.
Il aime lire, l’écriture et voyager.
Les trois éléments coordonnés ne sont pas construits de la même manière.
L’ordre des mots et les ambiguïtés
L’ordre des mots joue un rôle essentiel dans la compréhension d’une phrase. Un complément mal placé peut modifier le sens ou rendre la formulation ambiguë.
Placer le complément près du mot qu’il complète
Il a annoncé à son collègue qu’il partirait demain dans son bureau.
À quoi se rapporte « dans son bureau » ? À l’annonce ou au départ ? La phrase gagnerait à être reformulée.
Dans son bureau, il a annoncé à son collègue qu’il partirait demain.
Attention aux participes présents et groupes détachés
Lorsqu’un groupe placé en début de phrase contient un participe présent, son sujet logique doit correspondre au sujet de la proposition principale.
En arrivant à l’examen, la porte était fermée.
Ce n’est évidemment pas « la porte » qui arrive à l’examen.
En arrivant à l’examen, le candidat a constaté que la porte était fermée.
Pour un groupe commençant par « en + participe présent », demandez-vous immédiatement : qui accomplit cette action ?
L’emploi des prépositions
Les prépositions permettent d’introduire de nombreux compléments. Les plus fréquentes sont notamment à, de, en, dans, par, pour, avec, sans, sous, sur.
Se souvenir de / se rappeler
Je me souviens de cette règle.
Je me rappelle cette règle.
Je me rappelle de cette règle.
Pallier quelque chose
Dans l’usage traditionnel soigné, le verbe pallier est transitif direct.
Cette mesure vise à pallier le manque de personnel.
Participer à
Participer à une réunion.
Dépendre de
La réponse dépend du contexte.
Demander à quelqu’un de faire quelque chose
Le surveillant demande aux candidats de ranger leurs documents.
| Verbe / expression | Construction |
|---|---|
| participer | participer à |
| dépendre | dépendre de |
| se souvenir | se souvenir de |
| renoncer | renoncer à |
| s’intéresser | s’intéresser à |
| bénéficier | bénéficier de |
| pallier | pallier quelque chose |
| remédier | remédier à quelque chose |
| se conformer | se conformer à quelque chose |
| convaincre | convaincre quelqu’un de quelque chose |
| prévenir | prévenir quelqu’un de quelque chose |
| résulter | résulter de quelque chose |
La concordance des temps
La concordance des temps consiste à choisir les temps verbaux en fonction des relations chronologiques et grammaticales entre les différentes propositions.
Exprimer la simultanéité
Il dit qu’il travaille.
Exprimer l’antériorité
Il explique qu’il a terminé.
Exprimer la postériorité
Il affirme qu’il viendra.
Dans un récit au passé
Il expliqua qu’il avait terminé.
Il annonça qu’il viendrait le lendemain.
Si + présent
Lorsqu’une condition est considérée comme réalisable, la proposition introduite par si peut être au présent.
Si + présent → présent, futur ou impératif.
Si vous révisez, vous progresserez.
Si vous avez un doute, relisez la consigne.
Si + imparfait
Si + imparfait → conditionnel présent
Si j’avais davantage de temps, je réviserais plus.
Si j’aurais davantage de temps…
Si + plus-que-parfait
Pour une condition non réalisée dans le passé :
Si + plus-que-parfait → conditionnel passé
Si j’avais révisé davantage, j’aurais obtenu un meilleur résultat.
Retrouvez le détail des modes et des temps dans le cours de conjugaison.
La négation et l’interrogation
La négation
À l’écrit soigné, la négation comporte généralement ne associé à un autre élément.
| Construction | Exemple |
|---|---|
| ne… pas | Il ne répond pas. |
| ne… plus | Il ne répond plus. |
| ne… jamais | Il ne répond jamais. |
| ne… rien | Il ne comprend rien. |
| ne… personne | Il ne voit personne. |
| ne… aucun | Il n’a aucune réponse. |
À l’oral, le « ne » est souvent supprimé : « je sais pas ». Cette construction reste à éviter dans un français écrit soigné : je ne sais pas.
La restriction : ne… que
La construction ne… que exprime une restriction et signifie généralement « seulement ».
Il ne reste que dix minutes. = Il reste seulement dix minutes.
Le « ne » explétif
Dans certaines constructions soutenues, ne peut apparaître sans exprimer une négation. On le rencontre notamment après avant que, à moins que, de peur que ou dans certaines comparaisons.
Partez avant qu’il ne soit trop tard.
Dans cette phrase, « ne » n’annule pas le sens du verbe : il ne s’agit pas d’une négation complète.
L’interrogation directe
Vous connaissez la réponse ?
Est-ce que vous connaissez la réponse ?
Connaissez-vous la réponse ?
L’interrogation indirecte
Une interrogation indirecte est intégrée à une phrase déclarative et ne comporte pas d’inversion sujet-verbe.
Je me demande où il va.
Je me demande où va-t-il.
Question directe : « Où va-t-il ? »
Question indirecte : « Je me demande où il va. »
Pronoms et reprises
Un pronom doit renvoyer clairement au mot ou au groupe de mots qu’il représente. Une reprise mal construite peut rendre la phrase ambiguë ou incorrecte.
Qui et que
Qui est généralement sujet du verbe de la relative.
Que est généralement COD.
Le candidat qui répond.
La réponse que je donne.
Dont
Dont remplace généralement un complément introduit par de.
Le sujet dont je parle.
→ Je parle de ce sujet.
Le sujet dont je parle de lui.
Le sujet dont je parle.
Où
Où peut notamment reprendre un complément de lieu ou de temps.
La salle où se déroule l’épreuve.
Le jour où les résultats seront publiés.
Éviter les reprises ambiguës
Paul a parlé à Marc de son dossier.
À qui appartient « son dossier » ? À Paul ou à Marc ?
Lorsque plusieurs antécédents sont possibles, il faut reformuler pour rendre le sens explicite.
Relatifs complexes et reprises
Ce qui, ce que et ce dont
Lorsque le pronom relatif n’a pas d’antécédent exprimé, on rencontre fréquemment les formes ce qui, ce que et ce dont.
| Forme | Fonction fréquente | Exemple |
|---|---|---|
| ce qui | sujet | Je comprends ce qui pose problème. |
| ce que | COD | Je comprends ce que vous expliquez. |
| ce dont | complément construit avec « de » | Je comprends ce dont vous parlez. |
Lequel, auquel, duquel
Les formes de lequel s’accordent avec leur antécédent. Après à et de, certaines formes se contractent.
| Construction | Formes |
|---|---|
| lequel | lequel · laquelle · lesquels · lesquelles |
| à + lequel | auquel · à laquelle · auxquels · auxquelles |
| de + lequel | duquel · de laquelle · desquels · desquelles |
Le dossier auquel je fais référence.
La règle à laquelle il se conforme.
Les documents à propos desquels nous échangeons.
Dont remplace souvent un complément construit directement avec de : « le sujet dont je parle ». Duquel apparaît notamment après une locution prépositive : « près duquel », « à côté duquel », « à propos duquel ».
La ponctuation
La ponctuation organise la phrase, indique les relations entre les idées et contribue directement à la compréhension du texte.
| Signe | Utilisation principale |
|---|---|
| . | Terminer une phrase déclarative. |
| , | Séparer certains éléments de la phrase. |
| ; | Séparer deux propositions étroitement liées. |
| : | Introduire notamment une explication, une énumération ou une citation. |
| ? | Terminer une interrogation directe. |
| ! | Exprimer notamment une exclamation ou un ordre. |
| ( ) | Insérer une information secondaire. |
Ne pas séparer le sujet du verbe sans raison
Les candidats, attendent les résultats.
Les candidats attendent les résultats.
La virgule avec une incise ou un groupe détaché
Les candidats, très concentrés, commencent l’épreuve.
Après trois heures d’épreuve, les copies sont ramassées.
Attention au sens
Une virgule peut parfois modifier profondément le sens d’une phrase.
Les candidats qui ont terminé peuvent sortir.
Les candidats, qui ont terminé, peuvent sortir.
Dans la première phrase, seuls les candidats ayant terminé peuvent sortir. Dans la seconde, la relative est présentée comme une information ajoutée concernant l’ensemble des candidats.
Mise en relief et parallélisme
C’est… qui / c’est… que
La structure emphatique permet de mettre un élément en relief. Le choix entre qui et que dépend de la fonction de l’élément mis en relief dans la proposition.
C’est Paul qui répond. → Paul est sujet.
C’est Paul que le jury interroge. → Paul est COD.
Constructions corrélatives
Certaines structures fonctionnent par paires et doivent rester équilibrées.
| Construction | Exemple |
|---|---|
| non seulement… mais aussi | Il faut non seulement comprendre, mais aussi mémoriser. |
| soit… soit | Vous choisissez soit le français, soit les mathématiques. |
| ni… ni | Il ne maîtrise ni la règle ni l’exception. |
Les éléments coordonnés doivent être construits de façon comparable. Évitez par exemple : « Il souhaite réussir, la stabilité et progresser ».
Les erreurs de syntaxe fréquentes
« C’est … qui » : accord du verbe
C’est moi qui ai répondu.
C’est vous qui avez commencé.
Malgré que
Dans un français soigné et dans un exercice de langue normative, on préfère généralement bien que ou quoique. La tournure « malgré que » existe dans certains emplois, mais elle constitue un mauvais choix dans la plupart des QCM de correction de langue.
Bien qu’il soit fatigué, il continue.
Après que
Après que se construit traditionnellement avec l’indicatif, puisqu’il introduit un fait présenté comme réalisé.
Après qu’il est arrivé, l’épreuve commence.
Après qu’il eut terminé, il quitta la salle.
« Après qu’il soit arrivé » est très fréquent dans l’usage, mais ce n’est pas la construction traditionnellement attendue dans un exercice de langue soignée.
Bien que
Bien que est suivi du subjonctif.
Bien qu’il soit fatigué, il continue.
« Au jour d’aujourd’hui »
Cette expression est généralement considérée comme redondante. On préfère simplement :
Aujourd’hui ou à ce jour
« Voire même »
Voire peut déjà signifier « et même ». L’ajout de « même » est donc souvent redondant dans un style soigné.
« Comme par exemple »
Même principe : comme et par exemple peuvent remplir la même fonction.
Plusieurs matières, par exemple le français et les mathématiques.
Plusieurs matières, comme le français et les mathématiques.
« Malgré » sans de
Malgré la difficulté, elle continue.
Malgré de nombreuses difficultés…
Deux sujets coordonnés
Le candidat et la candidate répondent.
Ni… ni
Avec plusieurs sujets reliés par ni… ni, l’accord dépend notamment du sens et de la possibilité que l’action concerne plusieurs éléments. Dans les constructions ordinaires, le pluriel est fréquent lorsque plusieurs sujets sont réellement envisagés.
Ni Paul ni Marie ne viendront.
« C’est de… dont »
C’est de ce sujet dont je parle.
C’est de ce sujet que je parle.
C’est ce sujet dont je parle.
« Suite à »
Dans un style administratif très soigné, on peut préférer selon le sens à la suite de, après ou en raison de. « Suite à » est cependant largement installé dans l’usage contemporain : il faut donc surtout éviter d’en faire une règle absolue de correction.
« De par »
La locution de par est correcte dans certains emplois (« de par la loi », « de par sa fonction »), mais elle est souvent employée inutilement à la place de par, en raison de ou du fait de.
Si deux formulations semblent possibles, ne choisissez pas uniquement celle qui vous paraît la plus naturelle. Vérifiez successivement : le sujet, le verbe, la construction du verbe, les prépositions, les pronoms et la cohérence des temps.
Vérifiez vos acquis
Repérez mentalement la bonne construction.
« Je me rappelle de cette règle » ou « Je me rappelle cette règle » ?
« En arrivant au centre d’examen, la porte était fermée » ou « En arrivant au centre d’examen, le candidat a trouvé la porte fermée » ?
« Je me demande où ___ le candidat. » — va ou va-t-il ?
« Le sujet dont je parle » ou « Le sujet dont je parle de lui » ?
« Si j’avais davantage travaillé, j’___ mieux réussi. » — aurais ou avais ?
« Le dossier ___ je fais référence. » — auquel ou dont ?
« C’est de ce sujet dont je parle » ou « C’est de ce sujet que je parle » ?
Oui ou non ?
« Je comprends ___ vous parlez. » — ce que ou ce dont ?
Vous avez terminé les grands cours de français
Orthographe, grammaire, conjugaison, vocabulaire, syntaxe et culture littéraire : revenez maintenant sur les notions qui vous posent problème et consolidez-les par l’entraînement.
