Travail, emploi et organisation du travail
Étudiez l’évolution des méthodes de production et comprenez comment la croissance, les gains de productivité et le progrès technique transforment les emplois, les qualifications et les conditions de travail.
Produire plus, mais aussi produire autrement
L’organisation du travail détermine la manière dont les tâches sont réparties, coordonnées et contrôlées. Son évolution influence la productivité, les qualifications, l’autonomie des travailleurs et la structure des emplois.
L’organisation du travail et le progrès technique ne modifient pas seulement la quantité produite. Ils transforment aussi le contenu des emplois et les compétences attendues.
Pourquoi organiser le travail ?
L’organisation du travail regroupe les règles qui déterminent la division, la coordination et le contrôle des tâches au sein d’une unité productive.
Division technique
Le processus de production est décomposé en tâches distinctes confiées à des travailleurs différents.
Division sociale
Les activités et les métiers sont répartis entre les membres de la société selon leurs fonctions et leurs spécialisations.
Les avantages de la spécialisation
Une division très poussée du travail peut rendre les tâches répétitives, réduire l’autonomie, provoquer une perte de sens et détériorer les conditions de travail.
Le taylorisme et le fordisme
L’organisation scientifique du travail
Frederick Winslow Taylor propose de rechercher la méthode la plus efficace pour accomplir chaque tâche. Le travail est analysé, chronométré et divisé en opérations simples.
| Principe tayloriste | Application |
|---|---|
| Division horizontale | Décomposition du travail en tâches simples, répétitives et spécialisées. |
| Division verticale | Séparation entre ceux qui conçoivent et organisent le travail et ceux qui l’exécutent. |
| Contrôle du temps | Détermination de la meilleure méthode et du temps nécessaire pour chaque opération. |
| Rémunération au rendement | Une partie de la rémunération dépend de la quantité produite. |
Le fordisme
Henry Ford complète les principes tayloristes par le travail à la chaîne, la standardisation des produits et une politique de salaires destinée notamment à stabiliser la main-d’œuvre et à soutenir la consommation.
Standardisation
Production en grande série de biens identiques.
Travail à la chaîne
Le produit se déplace tandis que le travailleur reste affecté à une tâche précise.
Consommation de masse
La production à grande échelle réduit les coûts et rend les biens accessibles à davantage de ménages.
Les gains de productivité réduisent les coûts. Ils peuvent être partagés sous forme de baisse des prix, de hausse des salaires et de profits, ce qui soutient la consommation, l’investissement et la production de masse.
Le toyotisme et la production flexible
Le toyotisme cherche à produire de manière plus flexible en adaptant les quantités aux commandes et en limitant les stocks, les délais et les défauts.
| Principe | Signification |
|---|---|
| Juste-à-temps | Produire les quantités demandées au moment où elles sont nécessaires. |
| Flux tendus | Réduire les stocks et accélérer la circulation des composants. |
| Qualité totale | Prévenir et corriger rapidement les défauts à chaque étape. |
| Polyvalence | Permettre aux salariés d’occuper plusieurs postes ou de réaliser différentes tâches. |
| Travail en équipe | Donner aux groupes une responsabilité plus importante dans l’organisation et la qualité. |
La réduction des stocks et des délais améliore l’efficacité, mais elle peut rendre la production vulnérable à une rupture d’approvisionnement et intensifier le rythme du travail.
Les formes contemporaines d’organisation
Les entreprises combinent aujourd’hui plusieurs modèles. Les méthodes nouvelles n’ont pas entièrement fait disparaître les principes tayloriens.
Automatisation
Des machines ou logiciels exécutent certaines tâches répétitives, prévisibles ou dangereuses.
Numérisation
Les outils numériques facilitent la coordination, le traitement des données, le suivi et le travail à distance.
Travail par projet
Des équipes aux compétences complémentaires sont réunies temporairement autour d’un objectif.
Externalisation
Une entreprise confie certaines activités à des prestataires spécialisés.
Autonomie et contrôle
Les salariés peuvent disposer d’une plus grande autonomie dans l’exécution de leur travail, tout en étant soumis à des objectifs, des indicateurs, des logiciels de suivi ou des contraintes de délais renforcées.
Une entreprise peut associer polyvalence, travail en équipe et autonomie avec une forte standardisation des procédures et un contrôle numérique précis des résultats.
Emploi, activité et chômage
| Notion | Définition |
|---|---|
| Population active | Ensemble des personnes en emploi et des personnes au chômage. |
| Population inactive | Personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage au sens statistique. |
| Emploi | Activité de production exercée en échange d’une rémunération ou d’un revenu. |
| Chômage | Situation d’une personne sans emploi, disponible pour travailler et recherchant activement un emploi selon la définition statistique retenue. |
Le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active. Le taux d’emploi rapporte les personnes en emploi à l’ensemble de la population du groupe étudié.
Les principales formes de chômage
Conjoncturel
Il résulte d’un ralentissement de l’activité et d’une demande insuffisante.
Structurel
Il provient d’un décalage durable entre les emplois disponibles, les qualifications, les territoires ou le fonctionnement du marché du travail.
Frictionnel
Il correspond au temps nécessaire pour rechercher et retrouver un emploi entre deux situations.
Saisonnier
Il résulte de la variation régulière de certaines activités selon les périodes de l’année.
Comment la croissance agit-elle sur l’emploi ?
Lorsque la demande et la production augmentent, les entreprises peuvent avoir besoin de davantage de travail. La croissance peut ainsi favoriser les créations d’emplois.
Si la productivité augmente plus rapidement que la production, les entreprises peuvent produire davantage sans augmenter leurs effectifs. Une croissance trop faible peut donc ne pas suffire à créer des emplois.
Le contenu en emplois de la croissance
Le contenu en emplois désigne le nombre d’emplois créés pour une augmentation donnée de la production. Il dépend notamment de la productivité, du coût du travail, de la durée du travail, de la structure sectorielle et des choix d’organisation.
Les gains de productivité détruisent-ils l’emploi ?
À court terme, les gains de productivité peuvent réduire la quantité de travail nécessaire pour produire un volume donné. Ils peuvent donc supprimer ou transformer certains emplois.
Cependant, ils peuvent aussi diminuer les coûts, réduire les prix, augmenter les salaires et les profits, stimuler la demande et financer de nouveaux investissements.
Les gains de productivité peuvent détruire certains emplois, mais ils peuvent également en créer par la croissance de la demande et l’apparition de nouvelles activités. Leur effet net dépend de la vitesse d’adaptation de l’économie.
Progrès technique, qualifications et emploi
Le progrès technique transforme la structure des emplois. Il remplace certaines tâches, en complète d’autres et crée de nouvelles activités.
Substitution
Une machine ou un logiciel remplace certaines tâches auparavant réalisées par des travailleurs.
Complémentarité
La technologie améliore l’efficacité du travail humain sans le remplacer entièrement.
Création
De nouveaux produits, services, entreprises et métiers apparaissent grâce à l’innovation.
Le progrès technique biaisé
Certaines innovations favorisent davantage le travail qualifié parce qu’elles exigent de nouvelles compétences. Elles peuvent réduire la demande de certaines tâches routinières tout en augmentant celle de fonctions techniques, relationnelles, créatives ou de contrôle.
L’automatisation d’une chaîne peut réduire le nombre de postes d’exécution répétitifs tout en créant des besoins en programmation, maintenance, contrôle qualité et analyse de données.
La polarisation des emplois
La polarisation désigne une progression simultanée des emplois très qualifiés et de certains emplois de services peu qualifiés, tandis que des emplois intermédiaires routiniers reculent.
La formation initiale et continue facilite l’adaptation des compétences, les mobilités professionnelles et le passage des activités en recul vers les activités en développement.
Exemple de QRC corrigée
Elle évite une réponse uniquement affirmative ou négative. Elle présente les destructions directes, les créations indirectes et les conditions qui déterminent l’effet final.
Mini-test
Question 1
Quelle différence existe-t-il entre taylorisme et fordisme ?
Afficher la correction
Question 2
Une personne sans emploi est-elle nécessairement comptée parmi les chômeurs ?
Afficher la correction
Question 3
Pourquoi la croissance ne crée-t-elle pas automatiquement des emplois ?
Afficher la correction
L’essentiel à mémoriser
- L’organisation du travail répartit, coordonne et contrôle les tâches productives.
- Le taylorisme sépare la conception de l’exécution et divise le travail en tâches spécialisées.
- Le fordisme associe organisation taylorienne, chaîne, standardisation et production de masse.
- Le toyotisme recherche la flexibilité, le juste-à-temps, la qualité et la réduction des stocks.
- Les organisations contemporaines combinent autonomie, polyvalence, numérisation et contrôle des résultats.
- La population active regroupe les personnes en emploi et les chômeurs.
- Le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active.
- La croissance favorise l’emploi lorsque la production augmente suffisamment par rapport à la productivité.
- Le progrès technique détruit, transforme et crée des emplois.
- La formation facilite l’adaptation aux transformations du travail.
