Mathématiques · QRC

Suites arithmétiques et géométriques

Apprenez à reconnaître une suite, calculer ses termes, passer d’une relation de récurrence à une expression explicite, étudier ses variations et calculer la somme de termes consécutifs.

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Étudier une évolution par étapes

Une suite associe un nombre à chaque rang entier

Une suite numérique permet de décrire une succession ordonnée de valeurs : capital disponible chaque année, population à chaque période, quantité produite ou montant d’une mensualité. Chaque terme est identifié par son rang.

Évolution additive

Une quantité augmente ou diminue régulièrement d’un même montant. Elle peut être modélisée par une suite arithmétique.

Évolution multiplicative

Une quantité est multipliée à chaque période par un même coefficient. Elle relève d’une suite géométrique.

Prévision

L’expression du terme général permet d’atteindre directement un rang éloigné sans calculer tous les termes précédents.

Le rang n’est pas la valeur du terme

Dans l’écriture u5 = 18, le nombre 5 est le rang et 18 la valeur du terme correspondant. Il faut toujours distinguer la position du terme et sa valeur.

Vocabulaire fondamental

Définir et noter une suite numérique

Une suite est généralement notée (un). La lettre n désigne un entier naturel représentant le rang, tandis que un désigne le terme situé à ce rang.

Terme initial

La suite peut commencer à u0 ou à u1. Ce choix modifie l’exposant ou le nombre d’étapes dans les formules.

Relation explicite

Le terme un est directement exprimé en fonction de n. On peut calculer n’importe quel terme sans connaître les précédents.

Relation de récurrence

Un terme est défini à partir d’un ou de plusieurs termes antérieurs. Il faut connaître le terme initial pour commencer les calculs.

Définition explicite

un = 3n + 5

Pour obtenir u8, il suffit de remplacer n par 8.

Définition par récurrence

u0 = 5 et un+1 = un + 3

Chaque terme est obtenu en ajoutant 3 au terme précédent.

Attention à l’indexation

Si le premier terme est u0, atteindre un demande n étapes. Si le premier terme est u1, atteindre un demande n − 1 étapes. C’est le petit détail qui sème de grands ravages dans les copies.

Premiers calculs

Calculer un terme à partir de la définition

La méthode dépend de la manière dont la suite est définie. Une formule explicite permet un calcul direct, tandis qu’une relation de récurrence impose généralement de calculer les termes successifs.

Suite définie explicitement

Soit un = 2n² − 3n + 1. Calculons u4.

u4 = 2 × 4² − 3 × 4 + 1
= 2 × 16 − 12 + 1
= 32 − 12 + 1
= 21

Le terme de rang 4 est égal à 21.

Suite définie par récurrence

Soit u0 = 4 et un+1 = 2un − 1. Calculons les trois termes suivants.

u1 = 2 × 4 − 1 = 7
u2 = 2 × 7 − 1 = 13
u3 = 2 × 13 − 1 = 25

Chaque résultat devient la valeur utilisée pour calculer le terme suivant.

Ne remplacez pas n au mauvais endroit

Dans une relation un+1 = 2un − 1, le symbole un représente le terme précédent. Il ne doit pas être remplacé par le nombre n.

Évolution par addition

Les suites arithmétiques

Une suite est arithmétique lorsqu’on passe d’un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre, appelé raison.

Relation de récurrence

un+1 = un + r

Le nombre r est la raison de la suite arithmétique.

Terme général depuis u₀

un = u0 + nr

Entre le rang 0 et le rang n, la raison est ajoutée n fois.

Terme général depuis u₁

un = u1 + (n − 1)r

Entre le rang 1 et le rang n, la raison est ajoutée n − 1 fois.

Formule entre deux rangs quelconques

Pour tous rangs p et n, une suite arithmétique vérifie un = up + (n − p)r. Cette formule évite de revenir systématiquement au premier terme.

Exemple — Calculer un terme éloigné

Une suite arithmétique vérifie u0 = 7 et r = 4. Calculons u12.

un = u0 + nr

u12 = 7 + 12 × 4
= 7 + 48
= 55
Exemple — Déterminer la raison

On sait que u5 = 18 et u11 = 42.

u11 = u5 + (11 − 5)r
42 = 18 + 6r
24 = 6r
r = 4

La raison de la suite est égale à 4.

Reconnaître une suite arithmétique

Si la différence un+1 − un est constante et égale à r, la suite est arithmétique de raison r.

Évolution par multiplication

Les suites géométriques

Une suite est géométrique lorsqu’on passe d’un terme au suivant en le multipliant toujours par le même nombre, appelé raison. Dans le programme, l’étude des variations porte notamment sur les suites géométriques à termes positifs.

Relation de récurrence

un+1 = q × un

Le nombre q est la raison de la suite géométrique.

Terme général depuis u₀

un = u0 × qn

Entre les rangs 0 et n, la multiplication est répétée n fois.

Terme général depuis u₁

un = u1 × qn−1

Entre les rangs 1 et n, la multiplication est répétée n − 1 fois.

Formule entre deux rangs quelconques

Pour tous rangs p et n, une suite géométrique vérifie un = up × qn−p.

Exemple — Calculer un terme

Une suite géométrique vérifie u0 = 5 et q = 2. Calculons u6.

un = u0 × qn

u6 = 5 × 26
= 5 × 64
= 320
Exemple — Évolution en pourcentage

Une quantité initiale de 2 000 augmente de 3 % chaque année.

Coefficient multiplicateur :
q = 1 + 3/100 = 1,03

un = 2 000 × 1,03n

Une évolution répétée en pourcentage est multiplicative et se modélise donc par une suite géométrique.

Reconnaître une suite géométrique

Lorsque les termes sont non nuls, si le quotient un+1 / un est constant et égal à q, la suite est géométrique de raison q.

Ne plus les confondre

Arithmétique ou géométrique ?

Le type de suite dépend de la transformation effectuée à chaque étape : ajout d’une même quantité ou multiplication par un même coefficient.

Suite arithmétique

Transformation : ajouter r.

Récurrence : un+1 = un + r.

Test : un+1 − un est constant.

Modèle : évolution d’un montant fixe.

Suite géométrique

Transformation : multiplier par q.

Récurrence : un+1 = q × un.

Test : un+1 / un est constant.

Modèle : évolution répétée en pourcentage.

Situation Transformation Type de suite
Épargner 80 € supplémentaires chaque mois Ajouter 80 Arithmétique de raison 80
Augmentation annuelle de 2 % Multiplier par 1,02 Géométrique de raison 1,02
Perdre 150 habitants chaque année Ajouter −150 Arithmétique de raison −150
Diminution annuelle de 4 % Multiplier par 0,96 Géométrique de raison 0,96

Une hausse de 5 % ne signifie pas ajouter 0,05

Augmenter une quantité de 5 % revient à la multiplier par 1,05. Ajouter 0,05 modifierait la quantité de cinq centièmes seulement, quel que soit son montant initial.

Sens d’évolution

Étudier les variations d’une suite

Une suite est croissante lorsque chaque terme est supérieur ou égal au précédent. Elle est décroissante lorsque chaque terme est inférieur ou égal au précédent.

Suite croissante

un+1 ≥ un

La différence un+1 − un est positive ou nulle.

Suite décroissante

un+1 ≤ un

La différence un+1 − un est négative ou nulle.

Suite constante

un+1 = un

Tous les termes ont la même valeur.

Type de suite Condition Variation
Arithmétique r > 0 Strictement croissante
Arithmétique r = 0 Constante
Arithmétique r < 0 Strictement décroissante
Géométrique à termes strictement positifs q > 1 Strictement croissante
Géométrique à termes strictement positifs q = 1 Constante
Géométrique à termes strictement positifs 0 < q < 1 Strictement décroissante
Exemple — Justifier une variation

Soit une suite géométrique à termes strictement positifs de raison q = 0,85.

0 < 0,85 < 1

Chaque terme représente 85 % du précédent. La suite est donc strictement décroissante.

Pourquoi préciser « à termes positifs » ?

Pour une suite géométrique comportant des termes négatifs ou une raison négative, le comportement peut être différent. Une raison négative provoque notamment une alternance des signes.

Additionner des termes consécutifs

Calculer la somme des premiers termes

Avant d’appliquer une formule, comptez précisément le nombre de termes. De u0 à un, il y a n + 1 termes. De u1 à un, il y en a n.

Somme arithmétique

S = nombre de termes × (premier + dernier) / 2

Cette formule s’applique à une somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique.

Somme géométrique

S = premier terme × (1 − qnombre de termes) / (1 − q)

Cette formule s’utilise lorsque q ≠ 1. Si q = 1, tous les termes sont égaux.

Somme d’une suite arithmétique

Une suite arithmétique vérifie u1 = 5 et u10 = 32. Calculons S = u1 + … + u10.

Nombre de termes : 10

S = 10 × (5 + 32) / 2
= 10 × 37 / 2
= 185
Somme d’une suite géométrique

Une suite géométrique vérifie u0 = 3 et q = 2. Calculons S = u0 + … + u5.

De u0 à u5 : 6 termes.

S = 3 × (1 − 26) / (1 − 2)
= 3 × (1 − 64) / (−1)
= 3 × 63
= 189

Le piège du nombre de termes

La somme u0 + u1 + … + u8 contient 9 termes, et non 8. La formule générale est : nombre de termes = dernier rang − premier rang + 1.

Représentation dans un repère

Représenter graphiquement une suite

Une suite est représentée par des points isolés de coordonnées (n ; un). La variable n ne prend que des valeurs entières : les points ne doivent donc pas être reliés comme ceux d’une fonction continue.

Suite arithmétique

Les points représentant une suite arithmétique sont alignés, car son terme général est une expression affine de n.

Suite géométrique

Les points ne sont généralement pas alignés. L’écart entre les termes évolue avec leur valeur.

Lecture graphique

L’abscisse donne le rang n et l’ordonnée donne la valeur du terme un.

Des points isolés, pas une courbe continue

Une suite est définie pour des rangs entiers. Relier les points pourrait laisser croire qu’une valeur existe pour des rangs comme 2,5 ou 3,7, ce qui n’est pas le cas dans la définition usuelle.

Traduire une situation

Modéliser une évolution avec une suite

La difficulté principale consiste souvent à identifier le terme initial, l’unité du rang et la transformation appliquée à chaque période.

Exemple — Capital avec versements fixes

Une personne possède 1 200 € au départ et ajoute 75 € à la fin de chaque mois. On note un le capital disponible après n versements.

Terme initial : u0 = 1 200
Évolution : un+1 = un + 75

La suite est arithmétique de raison 75.
un = 1 200 + 75n

Après 12 versements :

u12 = 1 200 + 75 × 12
= 1 200 + 900
= 2 100 €
Exemple — Dépréciation annuelle

Un matériel vaut 15 000 € et perd 12 % de sa valeur chaque année. On note vn sa valeur après n années.

Coefficient multiplicateur : 1 − 12/100 = 0,88

v0 = 15 000
vn+1 = 0,88vn
vn = 15 000 × 0,88n

La suite est géométrique de raison 0,88. Elle est décroissante puisque ses termes sont positifs et que 0 < 0,88 < 1.

Toujours interpréter le rang

Précisez si u0 représente la situation initiale et si u1 correspond à la première année, au premier mois ou au premier versement. Cette phrase évite les décalages d’un rang.

Traiter une QRC sur les suites

Une résolution efficace commence par l’identification du terme initial et du mode d’évolution, puis présente la relation de récurrence, le terme général et l’interprétation du résultat.

1 Définir Préciser ce que représente un, l’unité du rang et le terme initial.
2 Reconnaître Identifier une évolution additive ou une évolution multiplicative.
3 Calculer Écrire la récurrence, établir le terme général et remplacer n par le rang demandé.
4 Interpréter Donner l’unité, la période et le sens concret de la valeur obtenue.

Une formule doit être accompagnée d’une justification

N’écrivez pas seulement « un = 1 000 × 1,04n ». Indiquez que la quantité augmente de 4 % par période, qu’elle est donc multipliée par 1,04 et que la suite est géométrique de raison 1,04.

Révision express

Les quatre réflexes à conserver

1

Premier rang

Vérifier si la suite commence à u0 ou à u1 avant toute formule.

2

Arithmétique

Même différence entre deux termes consécutifs : on ajoute une raison r.

3

Géométrique

Même quotient entre deux termes consécutifs : on multiplie par une raison q.

4

Somme

Compter les termes avec la formule : dernier rang − premier rang + 1.

Le fil directeur

Définir un → repérer le terme initial → identifier addition ou multiplication → déterminer la raison → écrire la récurrence → établir le terme général → calculer le rang demandé → interpréter.

Questions fréquentes

Consolider les notions essentielles

Quelle différence entre uₙ et n ?

n désigne le rang du terme, tandis que un désigne la valeur du terme situé à ce rang.

Comment reconnaître une suite arithmétique ?

On calcule la différence entre deux termes consécutifs. Si un+1 − un est constant, la suite est arithmétique.

Comment reconnaître une suite géométrique ?

Lorsque les termes sont non nuls, on calcule leur quotient. Si un+1 / un est constant, la suite est géométrique.

Une hausse régulière en pourcentage forme-t-elle une suite arithmétique ?

Non. Une hausse en pourcentage multiplie la valeur précédente par un coefficient constant. Elle forme donc une suite géométrique.

Pourquoi les formules changent-elles entre u₀ et u₁ ?

Parce que le nombre d’étapes n’est pas identique. Du rang 0 au rang n, il y a n transformations. Du rang 1 au rang n, il y en a n − 1.

Comment étudier une suite géométrique positive ?

Si q > 1, elle est croissante. Si q = 1, elle est constante. Si 0 < q < 1, elle est décroissante.

Combien de termes contient la somme de u₄ à u₁₂ ?

Elle contient 12 − 4 + 1 = 9 termes. Les deux termes situés aux extrémités sont inclus dans la somme.

Faut-il relier les points représentant une suite ?

Non. Les rangs sont des nombres entiers. La représentation graphique d’une suite est donc constituée de points isolés.

Poursuivez avec la méthode de la QRC en mathématiques

Après avoir étudié les différents chapitres du programme, apprenez à organiser votre brouillon, présenter vos calculs et construire une réponse courte, complète et vérifiable.

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