QRC Économie · Cours 1

Techniques quantitatives en économie

Apprenez à calculer, lire et interpréter les principaux indicateurs économiques inscrits au programme du concours de contrôleur des Finances publiques.

Introduction

Pourquoi maîtriser ces outils ?

Les techniques quantitatives servent à mesurer les évolutions, comparer des situations et interpréter les données économiques. Elles peuvent être mobilisées dans une question de calcul comme dans une question d’analyse.

À retenir

Un résultat numérique doit presque toujours être interprété. Écrire « 5 % » ne suffit pas : il faut préciser ce qui a augmenté ou diminué, sur quelle période et par rapport à quelle valeur.

Notion 1

Le taux de croissance ou taux d’évolution

Le taux d’évolution mesure la variation relative d’une grandeur entre une valeur initiale et une valeur finale.

Taux d’évolution = ((valeur finale − valeur initiale) ÷ valeur initiale) × 100
Exemple

Le PIB passe de 2 000 à 2 100 milliards d’euros.

((2 100 − 2 000) ÷ 2 000) × 100 = 5 %.

Le PIB a donc augmenté de 5 %.

Une diminution

Si la valeur finale est inférieure à la valeur initiale, le résultat est négatif.

Exemple

Le nombre de demandeurs d’emploi passe de 500 000 à 475 000.

((475 000 − 500 000) ÷ 500 000) × 100 = −5 %.

Piège à éviter

Une hausse de 10 %, suivie d’une baisse de 10 %, ne ramène pas à la valeur initiale. Les deux taux ne portent pas sur la même base.

Notion 2

Le coefficient multiplicateur

Le coefficient multiplicateur permet de passer directement d’une valeur initiale à une valeur finale.

Coefficient multiplicateur = valeur finale ÷ valeur initiale
Évolution Coefficient multiplicateur
Hausse de 12 % 1 + 12/100 = 1,12
Baisse de 12 % 1 − 12/100 = 0,88
Hausse de 50 % 1,50
Baisse de 50 % 0,50

Évolutions successives

Pour calculer plusieurs évolutions successives, on multiplie les coefficients multiplicateurs.

Exemple

Une grandeur augmente de 10 %, puis de 20 % :

1,10 × 1,20 = 1,32.

L’augmentation totale est donc de 32 %, et non de 30 %.

Taux réciproque

Coefficient réciproque = 1 ÷ coefficient multiplicateur
Attention

Après une hausse de 25 %, une baisse de 25 % ne suffit pas pour revenir à la valeur initiale. Le coefficient inverse de 1,25 est 0,80 : il faut une baisse de 20 %.

Notion 3

Les indices

Un indice permet de comparer l’évolution d’une grandeur par rapport à une période de référence. La période de référence reçoit généralement la valeur 100.

Indice base 100 = (valeur observée ÷ valeur de référence) × 100
Exemple

Un prix passe de 80 euros pendant l’année de référence à 92 euros.

(92 ÷ 80) × 100 = 115.

L’indice 115 indique une hausse de 15 % par rapport à l’année de base.

Lecture rapide

Avec une base 100, un indice 108 correspond à une hausse de 8 %, tandis qu’un indice 94 correspond à une baisse de 6 % par rapport à l’année de référence.

Notion 4

L’élasticité

L’élasticité mesure la sensibilité d’une variable à la variation d’une autre variable.

Élasticité = taux de variation de la variable expliquée ÷ taux de variation de la variable explicative
Exemple : élasticité-prix de la demande

Le prix d’un produit augmente de 10 % et la quantité demandée diminue de 20 %.

Élasticité = −20 % ÷ 10 % = −2.

Une hausse du prix de 1 % est ici associée à une baisse de la demande de 2 %.

Valeur absolue Interprétation
Supérieure à 1 La variable expliquée réagit fortement.
Égale à 1 Les deux variations sont proportionnelles.
Inférieure à 1 La réaction est relativement faible.
Égale à 0 La variable expliquée ne réagit pas.
Notion 5

Les propensions à consommer et à épargner

Les propensions mesurent la part du revenu consacrée à la consommation ou à l’épargne.

Propension moyenne à consommer = consommation ÷ revenu disponible
Propension moyenne à épargner = épargne ÷ revenu disponible
Exemple

Un ménage dispose de 2 500 euros et en consomme 2 000. Son épargne est de 500 euros.

Propension à consommer : 2 000 ÷ 2 500 = 0,80, soit 80 %.

Propension à épargner : 500 ÷ 2 500 = 0,20, soit 20 %.

Relation essentielle

Comme le revenu disponible est soit consommé, soit épargné, la somme des deux propensions est égale à 1, soit 100 %.

Notion 6

Valeur, volume, nominal et réel

Une évolution en valeur peut provenir d’une variation des quantités produites, d’une variation des prix ou des deux.

Mesure Signification
En valeur Mesure exprimée aux prix de la période observée. Elle intègre l’évolution des prix.
En volume Mesure corrigée de l’évolution des prix afin d’isoler l’évolution des quantités.
Nominal Valeur exprimée dans les prix courants, sans correction de l’inflation.
Réel Valeur corrigée de l’inflation pour mesurer l’évolution effective du pouvoir d’achat ou de la production.
Exemple

Un salaire nominal augmente de 4 %, tandis que les prix augmentent de 3 %. Le gain de pouvoir d’achat est approximativement de 1 %.

Précision

La soustraction des taux constitue une approximation. Le calcul exact consiste à diviser le coefficient d’évolution du salaire nominal par celui des prix : 1,04 ÷ 1,03 ≈ 1,0097, soit environ 0,97 %.

Notion 7

Moyenne, médiane et dispersion

La moyenne

Moyenne = somme des valeurs ÷ nombre de valeurs

La moyenne prend en compte toutes les valeurs, mais elle peut être fortement influencée par des valeurs extrêmes.

La médiane

La médiane partage une population ordonnée en deux groupes de même effectif : 50 % des observations lui sont inférieures ou égales et 50 % lui sont supérieures ou égales.

Exemple

Pour les revenus 1 400 €, 1 500 €, 1 600 €, 1 700 € et 5 000 €, la médiane est de 1 600 €, tandis que la moyenne est de 2 240 €.

Le revenu très élevé tire la moyenne vers le haut, mais ne modifie pas la médiane.

La dispersion

La dispersion indique si les valeurs sont proches ou éloignées les unes des autres. L’étendue constitue sa mesure la plus simple.

Étendue = valeur maximale − valeur minimale
Notion 8

Lire les représentations graphiques

Avant d’interpréter un graphique, il faut examiner son titre, ses axes, son unité, sa période, son échelle, sa légende et sa source.

Représentation Utilisation principale
Diagramme de répartition Montrer la composition d’un ensemble à une date donnée.
Série chronologique Suivre l’évolution d’une variable dans le temps.
Pyramide des âges Représenter la population selon l’âge et le sexe.
Courbe de Lorenz Représenter le degré de concentration d’un revenu ou d’un patrimoine.
Méthode de lecture

Commencez par décrire la tendance générale, puis relevez les ruptures, les écarts et les valeurs significatives. Terminez par une interprétation économique lorsque les données le permettent.

Notion 9

Courbe de Lorenz et coefficient de Gini

La courbe de Lorenz

La courbe de Lorenz représente la part cumulée d’un revenu ou d’un patrimoine détenue par une part cumulée de la population, classée de la moins dotée à la plus dotée.

Interprétation

Plus la courbe de Lorenz est éloignée de la diagonale d’égalité parfaite, plus la répartition est inégalitaire.

Le coefficient de Gini

Le coefficient de Gini synthétise le niveau d’inégalité dans une valeur comprise entre 0 et 1.

Coefficient Interprétation théorique
0 Égalité parfaite.
Proche de 0 Répartition relativement égalitaire.
Proche de 1 Très forte concentration.
1 Une seule personne détient théoriquement la totalité du revenu ou du patrimoine.
Piège à éviter

Un coefficient de Gini plus élevé signifie davantage d’inégalités. Il ne mesure pas directement le niveau moyen de revenu ni la pauvreté.

Application au concours

Exemple de QRC corrigée

Question Quelle différence existe-t-il entre le salaire nominal et le salaire réel ?
Réponse proposée : le salaire nominal correspond à la somme effectivement versée au salarié, exprimée aux prix courants. Le salaire réel correspond au salaire nominal corrigé de l’évolution générale des prix. Il mesure donc la quantité de biens et de services que le salaire permet d’acheter, c’est-à-dire son pouvoir d’achat.
Pourquoi cette réponse est efficace

Elle définit les deux notions, expose clairement leur différence et relie le salaire réel au pouvoir d’achat, sans développement inutile.

Vérification des acquis

Mini-test

Question 1

Une production passe de 400 à 460 unités. Quel est son taux de croissance ?

Afficher la correction
Réponse : ((460 − 400) ÷ 400) × 100 = 15 %. La production a augmenté de 15 %.

Question 2

Une valeur augmente de 20 %, puis diminue de 20 %. Revient-elle à son niveau initial ?

Afficher la correction
Réponse : non. 1,20 × 0,80 = 0,96. La valeur finale est inférieure de 4 % à la valeur initiale.

Question 3

Que signifie un coefficient de Gini proche de 1 ?

Afficher la correction
Réponse : il traduit une très forte concentration du revenu ou du patrimoine et donc un niveau élevé d’inégalités.
Synthèse

L’essentiel à mémoriser

  • Le taux d’évolution compare une variation à la valeur initiale.
  • Les évolutions successives se calculent en multipliant les coefficients multiplicateurs.
  • Un indice base 100 mesure une évolution par rapport à une période de référence.
  • L’élasticité mesure la sensibilité d’une variable à une autre.
  • Une mesure réelle ou en volume neutralise l’effet de la variation des prix.
  • La médiane est moins sensible aux valeurs extrêmes que la moyenne.
  • Un coefficient de Gini élevé traduit de fortes inégalités.