La Seconde Guerre mondiale
De 1939 à 1945, les ambitions expansionnistes de l’Axe provoquent un conflit planétaire. Guerre totale et guerre d’anéantissement, elle place les civils au cœur des violences, conduit au génocide des Juifs et des Roms et bouleverse durablement l’ordre mondial.
Une guerre idéologique sans séparation nette entre front et arrière
Les belligérants mobilisent toutes leurs ressources, mais les objectifs nazis donnent au conflit une dimension particulière : conquérir un espace vital, asservir des populations, détruire l’Union soviétique et éliminer les Juifs d’Europe.
Une guerre totale
Économies, sciences, armées, empires, propagande et populations sont mobilisés sur plusieurs continents.
Une guerre d’anéantissement
Sur le front germano-soviétique et dans le Pacifique, il ne s’agit pas seulement de vaincre, mais de détruire l’adversaire et sa capacité d’exister.
Une guerre contre les civils
Occupation, famines organisées, massacres, bombardements, déplacements et génocides font des civils la majorité des victimes.
Deux notions complémentaires
Guerre totale décrit l’ampleur de la mobilisation. Guerre d’anéantissement décrit la volonté de détruire entièrement un ennemi militaire, politique, national ou racial. Elles ne sont donc pas synonymes.
La marche à la guerre
Le conflit résulte des ambitions de l’Axe et de l’échec de la sécurité collective dans un contexte marqué par les frustrations de l’après-1918 et la crise économique.
L’expansion japonaise
Le Japon occupe la Mandchourie en 1931 puis mène une guerre de conquête contre la Chine à partir de 1937.
L’Italie fasciste
Mussolini envahit l’Éthiopie en 1935–1936 puis se rapproche de l’Allemagne nazie.
Les coups de force nazis
Réarmement, remilitarisation de la Rhénanie, Anschluss et démantèlement de la Tchécoslovaquie détruisent l’ordre de Versailles.
L’échec des démocraties
La SDN est impuissante et la politique d’apaisement culmine à Munich en septembre 1938.
Le pacte germano-soviétique
Signé le 23 août 1939, il comporte un protocole secret répartissant des zones d’influence en Europe orientale. Hitler évite temporairement une guerre sur deux fronts ; Staline gagne du temps.
Le déclenchement
L’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. La France et le Royaume-Uni lui déclarent la guerre le 3 septembre. L’URSS envahit l’est de la Pologne le 17 septembre.
Ne pas inverser la responsabilité
Les fragilités de Versailles et la politique d’apaisement forment un contexte. Le déclenchement de la guerre en Europe résulte directement de l’agression allemande contre la Pologne, menée après l’accord tactique conclu avec l’URSS.
Les grandes phases du conflit
La guerre passe des victoires rapides de l’Axe à une mondialisation complète, puis à l’avantage matériel et stratégique des Alliés.
Les victoires de l’Axe
La Blitzkrieg écrase la Pologne, puis le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique et la France. Le Royaume-Uni résiste à la bataille d’Angleterre.
Opération Barbarossa
L’Allemagne attaque l’URSS. Le front oriental devient le principal théâtre terrestre européen et le lieu d’une violence idéologique extrême.
Pearl Harbor
L’attaque japonaise entraîne l’entrée en guerre des États-Unis ; Allemagne et Italie leur déclarent ensuite la guerre.
Le basculement
Midway stoppe l’expansion japonaise ; El-Alamein protège l’Égypte ; la capitulation allemande à Stalingrad marque un tournant majeur à l’Est.
La reconquête alliée
Les Soviétiques progressent vers l’ouest, les Alliés débarquent en Italie puis en Normandie le 6 juin 1944 et en Provence le 15 août.
Capitulation allemande
Berlin est prise par l’Armée rouge. La capitulation sans condition met fin à la guerre en Europe.
Capitulation japonaise
Après les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki et l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon, Tokyo capitule formellement.
Une mobilisation véritablement mondiale
La guerre se déroule en Europe, en Afrique, en Asie, dans les océans et dans les airs. Les empires coloniaux et les économies lointaines sont indispensables à l’effort de guerre.
Le front de l’Est
Il mobilise la majeure partie des forces allemandes et provoque les pertes militaires les plus élevées du conflit.
La Méditerranée
Afrique du Nord, Balkans et Italie mettent en jeu le contrôle des routes, du canal de Suez et de l’accès au pétrole.
Le Pacifique
Les États-Unis avancent d’île en île tandis que le Japon défend un empire conquis au prix de violences massives en Asie.
Les empires coloniaux
Soldats, travailleurs et ressources d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes et des dominions participent à la victoire alliée.
Produire
Les États-Unis deviennent « l’arsenal des démocraties » ; la production soviétique est déplacée à l’est de l’Oural.
Innover
Radar, cryptanalyse, fusées, pénicilline et énergie nucléaire montrent l’intégration de la science à la guerre.
Bombarder
Les bombardements stratégiques détruisent industries et villes, de Londres à Dresde, Tokyo, Hiroshima et Nagasaki.
Une coalition idéologiquement hétérogène
Les « Grandes Alliances » réunissent démocraties occidentales et URSS stalinienne contre l’Axe. Leur ennemi commun masque provisoirement des conceptions opposées de l’Europe, qui réapparaissent avant même la fin du conflit.
Une guerre d’anéantissement
Sur le front oriental, le nazisme mène simultanément guerre militaire, conquête coloniale, guerre raciale et lutte contre le « judéo-bolchevisme ».
Ordres criminels
Commissaires politiques soviétiques exécutés, prisonniers affamés et populations considérées comme « inférieures » sont livrés à une violence planifiée.
Massacres et représailles
Armées et unités de police détruisent villages, fusillent des otages et massacrent des civils au nom de la lutte contre les partisans.
Famine comme arme
Réquisitions et politiques d’occupation condamnent des populations à la faim, notamment les prisonniers soviétiques et les habitants de villes assiégées.
Dans le Pacifique
L’armée japonaise commet massacres, travail forcé, violences sexuelles et mauvais traitements contre prisonniers et populations occupées. Les combats se caractérisent souvent par le refus de la reddition.
Les civils au centre
Si les objectifs idéologiques diffèrent selon les belligérants, siège des villes, bombardements, déplacements et exploitation des territoires rendent partout la distinction entre front et arrière plus fragile.
Actes graves commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile. La notion est formulée juridiquement par le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg en 1945.
La Shoah et le génocide des Roms
La politique antisémite nazie se radicalise de l’exclusion à l’assassinat systématique de tous les Juifs accessibles au Reich.
| Étape | Mesures et pratiques | Portée |
|---|---|---|
| 1933–1939 | Exclusion professionnelle, lois de Nuremberg, spoliations, violences et émigration forcée. | Les Juifs sont progressivement exclus de la communauté nationale allemande. |
| 1939–1941 | Ghettos, travail forcé, famines et déportations dans la Pologne occupée. | Les populations juives sont concentrées, enfermées et privées de moyens de subsistance. |
| À partir de 1941 | Fusillades de masse par les Einsatzgruppen et leurs auxiliaires derrière le front soviétique. | La « Shoah par balles » tue des communautés entières près de leurs lieux de vie. |
| 1942–1945 | Déportations continentales vers les centres de mise à mort, notamment Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor, Bełżec, Chełmno et Majdanek. | Environ six millions de Juifs sont assassinés dans la Shoah. |
La conférence de Wannsee
Le 20 janvier 1942, des responsables nazis coordonnent administrativement la « solution finale ». Elle n’en constitue pas le commencement : les massacres sont déjà engagés.
Le génocide des Roms
Roms et Sinti sont persécutés, internés, déportés et assassinés par le Reich et ses alliés. Les estimations du nombre de victimes varient fortement, souvent entre 220 000 et 500 000.
D’autres victimes
Personnes handicapées, prisonniers soviétiques, Polonais, opposants, homosexuels, Témoins de Jéhovah et « asociaux » subissent persécution, internement ou meurtre selon des politiques distinctes.
Camp de concentration et centre de mise à mort
Un camp de concentration sert principalement à enfermer, exploiter et terroriser, avec une mortalité très élevée. Un centre de mise à mort est conçu pour assassiner rapidement et massivement. Auschwitz-Birkenau combine plusieurs fonctions, ce qui explique une confusion fréquente.
La France : défaite, Vichy et Résistance
La défaite de 1940 provoque l’effondrement de la Troisième République et divise le territoire, les institutions et les engagements.
Le régime de Vichy
Le 10 juillet 1940, les parlementaires accordent les pleins pouvoirs constituants à Pétain. L’État français mène une « Révolution nationale » autoritaire, choisit la collaboration et adopte de sa propre initiative des statuts antisémites dès octobre 1940.
- Suppression des libertés et persécution des opposants
- Exclusion et arrestation des Juifs
- Collaboration économique et policière
- Relève puis Service du travail obligatoire
- Milice engagée contre résistants et Juifs
La France libre et la Résistance
Le 18 juin 1940, de Gaulle appelle à poursuivre le combat. La France libre rassemble progressivement territoires et forces, tandis que des mouvements intérieurs développent presse clandestine, renseignement, sauvetage, sabotage et lutte armée.
- Jean Moulin unifie les mouvements
- Conseil national de la Résistance créé en 1943
- Forces françaises libres et armée d’Afrique combattent
- Forces françaises de l’intérieur participent à la Libération
- GPRF rétablit la légalité républicaine
Occupation et collaboration ne sont pas synonymes
L’occupation est la présence et la domination militaires allemandes. La collaboration est le choix politique du régime de Vichy de coopérer avec l’occupant. Elle comporte aussi une collaboration privée, politique, économique ou policière, mais toute la population française ne collabore évidemment pas.
La rafle du Vél’ d’Hiv
Les 16 et 17 juillet 1942, la police française arrête à Paris et en banlieue plus de 13 000 Juifs, dont de nombreux enfants. Internés notamment au Vélodrome d’Hiver puis à Drancy, ils sont majoritairement déportés vers Auschwitz-Birkenau.
Pourquoi les Alliés l’emportent-ils ?
La victoire résulte de la supériorité économique alliée, de la résistance soviétique, de la maîtrise progressive des mers et du ciel et de la coordination de fronts multiples.
Puissance industrielle
Les États-Unis produisent en masse navires, avions, véhicules, armes et approvisionnements pour toute la coalition.
Effort soviétique
L’Armée rouge absorbe puis détruit une part essentielle de la puissance militaire allemande au prix de pertes immenses.
Supériorité logistique
Contrôle maritime, convois, débarquements, carburant et transport permettent d’alimenter des opérations simultanées.
Résistances
Renseignement, sabotages, guérillas et soulèvements gênent les occupants et soutiennent la libération de plusieurs territoires.
Les bombes atomiques et la capitulation japonaise
Hiroshima est bombardée le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août. L’URSS entre en guerre contre le Japon entre ces deux bombardements. Les historiens discutent le poids respectif de ces facteurs dans la décision japonaise ; il est donc trop simpliste d’attribuer la capitulation à une cause unique.
Le bilan et le nouvel ordre international
Avec environ 60 millions de morts ou davantage selon les estimations, le conflit est le plus meurtrier de l’histoire. L’Europe sort ruinée et politiquement diminuée.
Un désastre humain
Les civils constituent une part majeure des victimes ; génocides, famines, bombardements et déplacements marquent durablement les sociétés.
Des destructions massives
Villes, transports, logements et capacités productives sont ravagés, surtout en Europe et en Asie.
Une justice internationale
Les procès de Nuremberg et de Tokyo jugent des dirigeants et affirment la responsabilité pénale individuelle pour des crimes internationaux.
Deux superpuissances
États-Unis et URSS dominent. Leurs désaccords sur l’Europe libérée annoncent la guerre froide.
| Domaine | Transformation | Conséquence durable |
|---|---|---|
| Institutions | Création de l’Organisation des Nations unies en juin 1945. | Sécurité collective organisée autour du Conseil de sécurité et de cinq membres permanents. |
| Territoires | Frontières déplacées et Allemagne occupée par les quatre puissances alliées. | Déplacements forcés de millions de personnes et future division de l’Europe. |
| Colonies | Participation coloniale à la guerre et affaiblissement des métropoles. | Accélération des revendications indépendantistes et de la décolonisation. |
| Droit | Crimes de guerre, crimes contre la paix et crimes contre l’humanité sont jugés. | Développement du droit pénal international et adoption de la Convention sur le génocide en 1948. |
Une victoire qui ouvre une nouvelle époque
1945 clôt les guerres mondiales européennes mais ne produit pas une paix uniforme. Guerre froide, guerres civiles, décolonisation et reconstruction commencent presque immédiatement.
Deux exemples de QRC corrigées
Il faut montrer les objectifs idéologiques, les méthodes et la place des civils.
La réponse doit distinguer contrainte allemande et initiative française.
Le piège classique
La Seconde Guerre mondiale ne se limite pas à 1939–1945 en Europe. La guerre sino-japonaise commence en 1937, la guerre devient pleinement mondiale en 1941 et les combats se terminent en Asie plusieurs mois après la capitulation allemande.
La fiche mémo à retenir
1939–1941
L’Axe conquiert rapidement de vastes territoires ; le Royaume-Uni poursuit seul la guerre à l’Ouest.
1941–1943
L’invasion de l’URSS et Pearl Harbor mondialisent le conflit avant les tournants alliés.
Anéantissement
Occupation criminelle, massacres, Shoah et génocide des Roms placent les civils au centre.
1945
Victoire alliée, ONU, justice internationale, affaiblissement européen et naissance d’un monde bipolaire.
Expansion de l’Axe → victoires rapides → mondialisation en 1941 → guerre totale et génocides → tournants de 1942–1943 → reconquête alliée → capitulations de 1945 → nouvel ordre mondial.
Vérifier sa compréhension
La France est-elle immédiatement entièrement occupée en 1940 ?
Non. L’armistice divise notamment le territoire entre une zone occupée au nord et à l’ouest et une zone dite libre au sud. L’Allemagne envahit cette dernière en novembre 1942.
Vichy est-il seulement imposé par l’Allemagne ?
Non. La défaite et l’occupation créent une contrainte majeure, mais les dirigeants de Vichy développent leur propre projet autoritaire et choisissent la collaboration.
Wannsee décide-t-elle le début de la Shoah ?
Non. Exclusion, ghettos et fusillades de masse précèdent janvier 1942. La conférence coordonne administrativement une extermination déjà engagée.
Tous les déportés sont-ils déportés pour la même raison ?
Non. Certains sont déportés pour persécution raciale, d’autres pour répression politique ou résistance. Les destinations et les politiques meurtrières peuvent aussi différer.
Le débarquement de Normandie suffit-il à vaincre l’Allemagne ?
Non. Il ouvre un front décisif à l’Ouest, mais l’Armée rouge mène l’effort terrestre principal contre la Wehrmacht, tandis que blocus, bombardements et supériorité industrielle épuisent le Reich.
La guerre se termine-t-elle le 8 mai 1945 ?
Elle se termine alors en Europe. Le Japon capitule officiellement le 2 septembre 1945, après plusieurs mois supplémentaires de combats dans le Pacifique.
Sources utiles : Chemins de mémoire – Seconde Guerre mondiale, Encyclopédie de la Shoah et Ordre de la Libération.
