Croissance, PIB et développement économique
Apprenez à mesurer la richesse produite grâce à la valeur ajoutée et au PIB, à distinguer croissance nominale et réelle, puis à comprendre pourquoi croissance économique et développement ne désignent pas exactement la même chose.
Mesurer l’activité économique sans confondre les indicateurs
Pour savoir si une économie produit davantage de richesses, il faut disposer d’indicateurs permettant de mesurer son activité.
Le plus connu est le produit intérieur brut, ou PIB. Il permet notamment de mesurer la production réalisée sur un territoire pendant une période donnée.
La valeur ajoutée
Pour mesurer la richesse réellement créée par une unité de production, on utilise la notion de valeur ajoutée.
Elle correspond à la valeur de la production réalisée diminuée de la valeur des consommations intermédiaires utilisées pour produire.
Les consommations intermédiaires
Ce sont les biens et services détruits ou transformés au cours du processus de production.
Une boulangerie vend pour 1 000 €
de pain et utilise pour 400 €
de farine, énergie et autres consommations intermédiaires.
Sa valeur ajoutée est de
600 €.
Le chiffre d’affaires correspond au montant des ventes. La valeur ajoutée mesure la richesse créée après déduction des consommations intermédiaires.
Le produit intérieur brut
Le produit intérieur brut, ou PIB, est l’un des principaux indicateurs de l’activité économique.
Le PIB mesure la richesse produite sur un territoire pendant une période donnée, généralement une année ou un trimestre.
Dans l’approche par la production, le PIB repose notamment sur l’addition des valeurs ajoutées produites par les unités résidentes, avec les ajustements nécessaires liés aux impôts et subventions sur les produits.
Le PIB s’intéresse à la production réalisée sur le territoire économique.
Pourquoi additionner les valeurs ajoutées ?
Si l’on additionnait simplement toutes les ventes réalisées au cours de la production, on compterait plusieurs fois la même richesse.
Un agriculteur vend du blé.
Le meunier transforme le blé en farine.
Le boulanger transforme la farine en pain.
Additionner entièrement
la valeur du blé, de la farine
et du pain conduirait à compter
plusieurs fois les éléments incorporés
dans le produit final.
On additionne les valeurs ajoutées créées à chaque étape.
PIB par la production → addition des valeurs ajoutées, pas addition brute de toutes les ventes.
PIB nominal et PIB réel
Une hausse du PIB en euros ne signifie pas forcément que les quantités produites ont réellement augmenté.
Les prix peuvent eux aussi augmenter.
Mesure la production aux prix courants de la période considérée.
Corrige l’effet des variations de prix afin de mesurer l’évolution des volumes produits.
Si la valeur monétaire de la production augmente de 5 % uniquement parce que les prix ont augmenté de 5 %, la production en volume n’a pas nécessairement progressé.
On raisonne en PIB réel, c’est-à-dire en neutralisant l’effet des variations de prix.
Une partie de la hausse peut simplement provenir de l’augmentation des prix.
La croissance économique
La croissance économique correspond à une augmentation durable de la production de biens et services.
Elle est généralement mesurée par le taux de variation du PIB réel.
Croissance positive
Si le PIB réel augmente, l’économie connaît une croissance positive.
Croissance négative
Si le PIB réel diminue, l’activité économique se contracte.
Une croissance peut rester positive
tout en ralentissant.
Passer de +4 % à +1 %
signifie que la production
continue d’augmenter,
mais moins rapidement.
Année 1 : +3 %.
Année 2 : +1 %.
Il y a ralentissement
de la croissance,
mais pas diminution du PIB réel.
Le PIB par habitant
Le PIB total permet de mesurer la taille d’une économie, mais il ne tient pas compte de la taille de sa population.
Cet indicateur facilite notamment les comparaisons entre pays de tailles différentes.
Un pays très peuplé peut avoir un PIB total élevé tout en ayant un PIB par habitant relativement faible.
Il s’agit d’une moyenne statistique. Elle ne décrit pas la répartition effective des revenus entre les personnes.
Croissance et développement économique
La croissance et le développement sont liés, mais ils ne sont pas synonymes.
Augmentation quantitative de la production de biens et services.
Transformation plus large des structures économiques et des conditions de vie.
Le développement peut notamment concerner :
- le niveau de vie ;
- la santé ;
- l’éducation ;
- les infrastructures ;
- la réduction de certaines formes de pauvreté ;
- l’accès aux services essentiels.
Une augmentation du PIB ne garantit pas à elle seule une amélioration identique du niveau de vie de tous les habitants.
L’indice de développement humain
Pour compléter l’information fournie par le seul niveau de production, on peut utiliser des indicateurs plus larges.
L’un des plus connus est l’indice de développement humain, ou IDH.
Prise en compte de l’espérance de vie.
Prise en compte d’indicateurs liés à la scolarisation et à l’éducation.
Prise en compte du revenu national par habitant.
L’IDH combine plusieurs dimensions du développement humain.
Santé + éducation + niveau de vie.
Le PIB mesure principalement
la production économique.
L’IDH cherche à intégrer
plusieurs dimensions
du développement humain.
Les limites du PIB
Le PIB est un indicateur essentiel, mais il ne mesure pas l’ensemble du bien-être d’une population.
Un PIB élevé ne renseigne pas directement sur les inégalités.
Une partie des activités non marchandes réalisées au sein des ménages n’est pas comptabilisée comme production économique.
Une production supplémentaire peut s’accompagner de dégradations environnementales.
Le PIB ne mesure pas directement la santé, le bonheur, la sécurité ou la qualité des relations sociales.
Une catastrophe peut entraîner des dépenses de reconstruction qui augmentent l’activité économique. Cela ne signifie évidemment pas que la catastrophe a amélioré le bien-être collectif.
Il ne faut pas le transformer en indicateur universel de bonheur ou de bien-être.
D’où peut venir la croissance ?
La production peut augmenter lorsque l’économie mobilise davantage de facteurs de production ou lorsqu’elle les utilise de manière plus efficace.
Une augmentation de la quantité de travail disponible peut contribuer à accroître la production.
L’investissement augmente ou améliore les équipements disponibles pour produire.
Une meilleure efficacité permet de produire davantage avec une quantité donnée de facteurs.
Innovations et nouvelles méthodes peuvent accroître l’efficacité productive.
La production mesure
une quantité produite.
La productivité mesure
l’efficacité avec laquelle
les facteurs de production
sont utilisés.
Expansion, ralentissement et récession
| Notion | Idée générale |
|---|---|
| Expansion | Période d’augmentation soutenue de l’activité économique. |
| Ralentissement | La croissance reste positive mais devient moins rapide. |
| Contraction | Le niveau d’activité diminue. |
| Récession | Période de recul de l’activité économique ; la définition précise dépend du cadre statistique utilisé. |
| Reprise | Retour à une progression de l’activité après une phase défavorable. |
Une croissance qui passe de +3 % à +1 % ralentit, mais reste positive.
Les repères à retenir
| Notion | À connaître |
|---|---|
| Valeur ajoutée | Production − consommations intermédiaires |
| PIB | Mesure de la richesse produite sur un territoire pendant une période donnée |
| PIB nominal | PIB mesuré aux prix courants |
| PIB réel | PIB corrigé de l’effet des variations de prix |
| Croissance | Hausse du PIB réel |
| Ralentissement | Croissance positive mais moins forte |
| PIB par habitant | PIB ÷ population |
| Développement | Notion plus large que la seule croissance |
| IDH | Santé + éducation + niveau de vie |
| Productivité | Efficacité de l’utilisation des facteurs de production |
| Investissement | Peut accroître le stock de capital productif |
| Limite du PIB | Ne mesure pas directement le bien-être ni la répartition des richesses |
VA = production − consommations intermédiaires.
PIB → production réalisée sur le territoire.
PIB réel → effet des prix neutralisé.
Croissance → évolution du PIB réel.
PIB/habitant → PIB ÷ population.
Développement ≠ croissance.
IDH → santé + éducation + niveau de vie.
Les confusions à éviter
La valeur ajoutée retranche les consommations intermédiaires.
Le PIB nominal intègre les prix courants. Le PIB réel neutralise l’évolution générale des prix.
Il faut notamment tenir compte de la population et de la répartition des revenus.
Croissance
→ quantité de production.
Développement
→ transformation économique
et sociale plus large.
Une croissance moins forte peut rester positive.
Le PIB par habitant est une grandeur économique moyenne, pas le montant réellement versé à chaque individu.
Production → quantité produite.
Productivité → efficacité
de la production.
Vérifiez vos acquis
Dix questions avant de passer à l’inflation et au pouvoir d’achat.
Production − consommations intermédiaires ou ventes + consommations intermédiaires ?
La production réalisée sur un territoire ou uniquement les revenus des ménages ?
Pour éviter les doubles comptes ou pour augmenter artificiellement la valeur de la production ?
PIB nominal · PIB réel ?
Oui ou non ?
PIB ÷ population ou PIB × population ?
Oui ou non ?
Santé, éducation et niveau de vie ou uniquement le PIB ?
Oui ou non ?
Une meilleure efficacité productive ou nécessairement une hausse des prix ?
Continuez avec l’inflation et le pouvoir d’achat
Vous savez maintenant distinguer PIB nominal et PIB réel. Voyons précisément comment l’évolution des prix est mesurée et comment elle peut agir sur le pouvoir d’achat des ménages.
